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DEFINITION D'UNE INFECTION NOSOCOMIALE | GESTION PRE-OPERATOIRE DU RISQUE INFECTIEUX |
MODALITES D'ACTION DE LUTTE CONTRE LES INFECTIONS NOSOCOMIALES AU SEIN DU
GROUPE HOSPITALIER DE L'ARTOIS

C - MODALITES D’ACTION DE LUTTE CONTRE LES INFECTIONS NOSOCOMIALES AU SEIN DU GROUPE HOSPITALIER PRIVE DE L’ARTOIS (GHPA)

          1 – Les Instances

L’organisation de la prévention des infections nosocomiales du GHPA gravite autour de deux instances :
- le comité de lutte contre les infections nosocomiales (CLIN). Il existe depuis 1996 à la Clinique Anne d’Artois et depuis 1998 à la Clinique Médico-Chirurgicale. Il se réunit 3 à 4 fois par an.
Le CLIN est une instance décisionnelle qui a pour mission d’établir annuellement un plan d’actions d’amélioration et d’en assurer le suivi. Il a permis d’améliorer les bonnes pratiques en antibiothérapie et antibioprophylaxie en 2005.
- le comité du médicament guide au bon usage des antibiotiques et veille à ses consommations.
- une équipe opérationnelle d’hygiène (EOH) composée d’un médecin référent en antibiothérapie, d’un pharmacien en cours d’obtention d’une capacité en hygiène, et de personnels soignants formés en hygiène.
L’EOH a pour missions principales :

  • de mettre en œuvre les plans d’actions décidés par le CLIN

  • de surveiller la nature et la provenance des germes, importés par le patient de l’extérieur (uniquement 30 % de la population est dépourvue de staphylocoque doré) , ou contractés au sein de la clinique.

  • de réaliser des évaluations, rédiger des protocoles

  • de conduire des actions de formation auprès du personnel

 

          2 – Les Moyens

Les Moyens Architecturaux et les Equipements

L’agencement des locaux contribue pour une grande part à éviter la propagation des germes. Les établissements disposent notamment :

  • d’ une majorité de chambres particulières(152 chambres pour 167 lits et places pour l’Artois + 70 chambres pour 103 lits et places pour la CMCB)

  • de plusieurs chambres d’isolement pour les patients infectés

  • d’un circuit architectural permettant d’éviter le croisement du sale et du propre (linge-déchets)

  • de points de lavage des mains dans les couloirs offrant ainsi au personnel la possibilité de se laver les mains entre chaque soin

  • chaque chambre, à la maternité Anne d’Artois, dispose d’une pièce spécifiquement dédiée au bébé pour réaliser l’ensemble des soins. Elle permet aussi à la maman d’isoler, si elle le souhaite, le bébé lorsque les visiteurs sont nombreux.

  • d’un système de traitement de l’air permettant de garantir la qualité de l’air au bloc opératoire.

Les Moyens Matériels

-> Le recours à l’usage unique (u/u) représente aujourd’hui, un moyen efficace reconnu pour lutter contre les infections.
Son utilisation est généralisée :

  • dans les services de soins pour la réfection des pansements (sets de pansement), l’habillage des patients pour le bloc (tenue à u/u), la réalisation des soins (gants, masques, petit matériel médical…)

  • au bloc opératoire, où l’ensemble des professionnels (praticiens et personnel) est habillé d’une tenue complète à u/u. La généralisation progressive de l’usage unique pour les champs opératoires est en cours

-> Des flacons de solution hydro-alcoolique sont mis à la disposition des soignants sur tous les chariots et dans les salles de soins, en complément du lavage des mains pour la réalisation des soins.

Les Moyens Humains

  • la présence d’un personnel formé est privilégiée : annuellement, des sessions de réactualisation des connaissances en hygiène sont mises en œuvre, dans le cadre du plan de formation.
    Sur l’ensemble du Groupe Hospitalier Privé de l’Artois, 21 professionnels para-médicaux ont été spécifiquement formés pour être référents en hygiène dans les services.
    Fin 2006, chaque service de soins disposera de deux référents en hygiène.

  • la mobilisation de compétences humaines extérieures représente également un moyen humain non négligeable. Cela nous permet :
    - de mettre en commun nos expériences
    - de recueillir les informations relatives aux bonnes pratiques professionnelles que nous intégrons au fur et à mesure
    C’est ainsi que nos établissements sont en relation avec le réseau régional des infirmières hygiénistes ARIH ou le C.CLIN Paris Nord.
    De même, les praticiens, dans certaines situations difficiles, se mettent en relation avec des centres spécialisés en infectiologie afin de bénéficier d’une orientation thérapeutique pour la prise en charge de leurs patients.

  • les activités de restauration et d’hôtellerie sont quant à elles confiées à un prestataire extérieur SODEXHO spécialisé et reconnu pour sa qualité de travail et sa traçabilité par une certification ISO 9001 version 2000, reconduite à ce jour.

Les Moyens Techniques

La qualité de l’acte technique professionnel demeure la base fondamentale d’une prévention efficace.
L’ensemble des professionnels procède conformément aux procédures internes et aux recommandations nationales.
Ainsi selon les établissements, entre 20 et 30 procédures ou fiches techniques, définissent les règles de fonctionnement à appliquer par les professionnels.
Parmi ces procédures, nous trouvons par exemple :
  - préparation de l’opéré
  - traitement journalier et désinfection terminale des chambres
  - règles de prescription des antibiotiques
  - évacuation des déchets
  - ….. (liste non exhaustive)
L’application des procédures fait l’objet d’évaluations régulières.

 

          3 – L’Organisation de la Prévention

Le Dépistage d’une Infection ou d’un Risque Infectieux.

Le dépistage des patients à risque infectieux débute dès la consultation des praticiens (chirurgiens et anesthésistes), et se poursuit, à l’entrée, lors de l’entretien d’accueil réalisé par l’infirmière du service.
Les éléments recherchés sont notamment :

  • l’état dentaire : présence de caries

  • l’état cutané : présence d’ulcères variqueux, la propreté cutanée…..

  • la consommation d’antibiotiques dans les 3 mois précédent l’hospitalisation

  • les facteurs à risque tels que le tabagisme, l’alcoolisme, l’obésité, le diabète

  • la détection d’une infection : implication du patient dans la déclaration de certaines infections (SIDA, hépatite)

A l’entrée du patient des examens complémentaires peuvent être prescrits par le praticien lorsque le patient présente le risque d’être porteur de germes.
Une gestion particulière de ces patients est aussitôt mise en place : thérapeutique adaptée, placement d’office en chambre particulière pour la prévention des autres patients, prise en compte pour l’ordre de passage au bloc opératoire.

L’Accent mis sur la Préparation Cutanée

La préparation cutanée permet de limiter de façon importante, la présence naturelle des bactéries sur la peau et dans le cuir chevelu.
C’est pourquoi, les professionnels mettent en œuvre plusieurs actions préventives :

  • la réalisation d’une douche à la BETADINE, la veille et le jour de l’intervention.
    (Plusieurs praticiens prescrivent le produit, accompagné d’une fiche explicative, dès leur consultation initiale afin que le patient débute cette préparation avant son entrée en clinique)

  • la tonte cutanée (qui remplace le rasage d’autrefois)

  • l’habillage avec des tenues à u/u, aussitôt la préparation réalisée permet d’éviter la recontamination.

La Programmation Opératoire Concertée comme Outil de Prévention.

La détermination de l’ordre de passage au bloc opératoire est importante pour la prévention des infections. Elle permet :

  • de programmer les patients infectés en fin de programmation

  • d’organiser un accueil et une prise en charge adaptés à chaque patient en fonction du risque infectieux

  • de prévoir le matériel et les produits spécifiques dans le cas d’un Haut risque de contamination (ex : Creutzfeldt Jakob)

 

          4 – Evaluation du Système de Prévention

La Mise en Place d’Evaluations de Pratiques Professionnelles

  • des audits internes décidés par le CLIN sont réalisés par les membres de l’équipe opérationnelle d’hygiène.
    Il s’agit d’évaluer, sur le terrain, l’application des procédures ou des recommandations de bonnes pratiques.

  • annuellement, l’Institut Pasteur réalise un audit relatif à l’hygiène hospitalière : respect des procédures de nettoyage, niveau de compétence des agents hospitaliers, contrôles microbiologiques des surfaces.

Les Contrôles d’Environnement

Des contrôles d’environnement réguliers sont effectués par des laboratoires extérieurs agréés, afin de contrôler l’efficacité des moyens mis en œuvre :

  • la qualité de l’air est analysée (particulaire et microbiologique) au bloc opératoire et en stérilisation centrale

  • la potabilité de l’eau distribuée par les fontaines réfrigérantes, le dépistage de légionnelles dans le réseau d’eau chaude et la présence de germes au niveau des points de lavage des mains au bloc opératoire font l’objet de contrôles réguliers.

  • l’efficacité du bio-nettoyage des surfaces est contrôlée par la recherche périodique d’éventuels germes de l’environnement au niveau des poignets de porte, des barres de lits, des cuvettes des WC et des surfaces planes (sol, paillasse…….). Le bio-nettoyage est confié à SODEXHO certifié ISO 9001 Version 2000 en hygiène hospitalière. SODEXHO travaille en partenariat avec l’institut Pasteur.

La Surveillance des Infections

Une surveillance continue et globale des bactéries présentes dans les établissements est réalisée avec la participation des laboratoires d’analyses médicales afin :

  • d’avoir connaissance de notre écologie bactérienne, notamment pour les bactéries multi-résistantes (BMR) et les staphylocoques Aureus multi-résistants (SARM). Le staphylocoque Aureus ou staphylocoque doré peut être sensible aux antibiotiques (c’est celui que près de 50 % de la population porte sur elle même).
    Le SARM résistant aux antibiotiques (METICILLINE) est responsable d’infections du site opératoire dans 53 % des infections nosocomiales (Réf Ministérielle 1997 et Conférence de consensus Paris 5 mars 2004).

  • de surveiller plus précisément les infections du site opératoire (ISO selon l’indice NNIS)

  • de déceler les infections importées de l’extérieur par les patients

  • d’effectuer des analyses statistiques et de déterminer notre taux annuel d’infections nosocomiales dont nos résultats sont en 2004 (3%) et en 2005 (2,4%) (NB le taux national d’infections nosocomiales étant de 6,9 %)

  • de mettre en application les mesures de prévention lors d’un dépistage infectieux (isolement….)

La Gestion des Risques

Les établissements du Groupe Hospitalier Privé de l’Artois ont mis en place une organisation pour gérer l’ensemble des risques et notamment celle du risque infectieux :
Tout incident, où événement indésirable, est enregistré sur des fiches de déclaration qui sont ensuite collectées et regroupées par thème. Un bilan annuel est effectué.
Selon leur fréquence et leur gravité, un comité de pilotage de gestion des risques priorise les actions qu’il convient de mettre en place pour l’année suivante afin de réduire ou supprimer les risques.

Le Rapport des Experts Visiteurs lors de leurs Visites d’Accréditation (2004-2005)

Le référentiel : surveillance et prévention du risque infectieux
« La politique de lutte contre le risque infectieux est structurée à partir du programme annuel du CLIN et mise en œuvre par la responsable qualité.
La coordination et la motivation des acteurs ont permis de mettre en œuvre des actions périodiques de surveillance, suivies éventuellement de réajustements, d’organiser des formations et d’élaborer de nombreuses procédures, connues et appliquées par le personnel.
La mise en place prochaine d’une équipe opérationnelle d’hygiène va permettre de mieux relayer les axes prioritaires et nécessitera que ses missions soient définies par le CLIN.
L’évaluation des pratiques et des procédures est déjà réelle et mérite d’être développée. »

 
 
 

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